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Quand le stress devient angoisse

homme stressé

Quand Françoise est venu me voir pour la première fois, elle ne m’a jamais parlé de son stress, aucune mention, ni de ce qu’elle subissait au travail, ni de ce qu’elle ressentait.

 

Et puis un jour, en rendez-vous, elle s’est effondrée. Elle subissait une pression énorme depuis des mois, mais ne s’en rendait même pas compte.

 

Le stress est une composante inhérente à la vie, nous sommes inévitablement soumis à des contraintes extérieures et notre organisme a la capacité de s’adapter. (Voir article sur le stress)

 

Mais parfois ce stress peut se transformer en angoisse, et nous avons alors la sensation de ne plus être capable de gérer quoique ce soit. Cette émotion si elle devient trop présente, va alors envahir notre existence, et cela risque même de se transformer en pathologie : troubles paniques, anxiété généralisée, agoraphobie, etc.

Lors de ces troubles, un accompagnement thérapeutique s’avère indispensable pour trouver des solutions et aller mieux. L’idéal étant, bien sûr, de se prendre en main le plus tôt possible. C’est d’ailleurs la première chose que j’ai conseillé à Françoise : se faire accompagner par un professionnel compétent.

Deux mois après, nous pouvions alors de nouveau envisager de faire d’autres choses. Au cœur de la crise, impossible d’envisager autre chose que du repos et de l’écoute.

 

Le stress ne va pas forcément nous amener à développer des angoisses, encore faut-il être conscient que nous vivons un stress, et savoir mettre en place des solutions pour s’en sortir.

Méditation et angoisse :

Outre ses bienfaits désormais reconnus sur le stress, la méditation pourrait-elle nous aider pour l’angoisse ?

Issu de pratiques ancestrales, la méditation s’ancre dans une psychologie religieuse dans bien des cas, et nous avons parfois tendance à oublier qu’elle existe depuis très longtemps. Et dans les enseignements traditionnels, l’angoisse est aussi abordée:

  • Selon la tradition bouddhiste, la peur puise sa force dans les trois poisons : l’ignorance (ne pas connaitre le schéma du mental qui nous domine, de voir comment nous sommes dominé par lui, et éloigné de la réalité, ne pas comprendre la réalité du monde) , le désir-l ’attachement (vouloir, s’attacher aux choses, aux concepts), l’aversion (rejeter, considérer que certaines choses, gens, attitudes sont mauvaises).
  • Les Védas, textes de l’antiquité indienne, mentionnent le yoga comme moyen de soulager les angoisses. Il permettrait de ne pas développer les attachements.
  • Dans la religion chrétienne, l’union avec Dieu, avec la foi, entraînerait à ne plus s’angoisse sur nos destinées.

Cette problématique de l’angoisse existe donc depuis bien longtemps, mais est de plus en plus  présente dans nos sociétés ou le lien à une certaine spiritualité n’est pas forcément présent. Alors que faire pour éviter de se laisser envahir par l’angoisse ?

 

Françoise a reconnu qu’elle se voilait la face depuis des mois, qu’elle ne faisait pas attention à elle. C’est intéressant de remarquer qu’elle utilisait ce terme : « attention ». Car c’est en cultivant l’attention à nos ressentis que la méditation peut nous aider, nous accompagner sur ce chemin de connaissances de nous-mêmes, de ce que nous ressentons profondément, et aussi de ce qui nous nourrit ou de ce qui nous nuit.

L'angoisse, c'est quoi?

Elle se caractérise par un aspect psychologique, ou plutôt cognitif, avec une grande présence de ruminations, d’anticipations, de jugements, et de pensées qui peuvent d’ailleurs la nourrir. A cela s’ajoute un aspect physique avec la présence de tremblements, des agitations, des palpitations, et parfois même des troubles digestifs.

 

Il est rare d’avoir seulement un de ces deux aspects, souvent les deux viennent se nourrir mutuellement, une sensation physique va entraîner une anticipation anxieuse, qui va nourrir des palpitations, qui généreront des pensées, etc.

Pour Françoise, voilà ce qui l’a aidé :

Sur l’aspect physique : une baisse de l’activité du système nerveux orthosympathique (système du stress et de l’action), au profit de l’activation du système nerveux parasympathique (celui de repos et de la récupération). En agissant sur le physique, la méditation lui a permis de relâcher la tension physique.

Sur l’aspect psychologique : elle ressentait les premiers signes, sans s’identifier à eux, sans nourrir des pensées inquiétantes. En étant pleinement connecté à ce qui est sans s’inquiéter de ce qui va être, elle évitait de rentrer dans le cercle infernal : mon corps souffre donc je dois m’inquiéter.

 

Evidemment, cela demande de l’entrainement, ce n’est pas magique. Il faut s’entrainer avant et en dehors de l’épisode d’angoisse, afin d’avoir développé des compétences de conscience des pensées ruminantes.

Il est fortement conseillé de faire cet entrainement avec un instructeur correctement formé, et en séance individuelle, pour avoir toute l’attention de l’instructeur et pour adapter la conduite de la séance aux ressentis du pratiquant.

 

 

Et vous, que faites-vous quand vous êtes stressé, qu’est-ce qui vous aide ? (vos réponses dans les commentaires)

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